Bon, ben c’est pas compliqué.
Le site de Ken Follett, auteur de romans d’espionnage et de thrillers, nous explique comment faire.
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Comme je suis vraiment sympa, je vais reprendre les principaux points (car son site est en anglais). Suis cette recette, ô noble voyageur, et retrouve-toi en tête de toutes les gondoles (à Venise)
Alors le but, c’est de créer un monde imaginaire, où toi, auteur, tu dois emmener le lecteur dans ce monde.
Le démarrage :
En tant qu’écrivain novice, tu dois commencer par écrire un résumé assez grossier, ce que sera, de manière générale, l’histoire. Comme tu risques de passer 6 mois/ 1 an à écrire un livre, mieux vaut savoir de quoi ça va parler ! C’est mieux que de se mettre face à une page blanche, sans idée en tête, et d’écrire : "Chapitre 1".
Le must, c’est de pouvoir montrer ce résumé à des proches, collègues, amis, afin qu’ils te disent "C’est une idée géniale" !
Si tu obtiens plutôt un "ça a l’air ennuyeux", demande pourquoi. Qu’est-ce qui pourrait la rendre intéressante ?
Poser des idées sur le papier :
A ce niveau, tu as en tête ton idée de base. Ce pourrait être, par exemple, l’idée d’un commissaire de police qui va être confronté à un tueur qui laisse des messages sur les corps de ses victimes. L’idée de base doit pouvoir se résumer en 1 ou 2 phrases.
Alors, il faut travailler autour de cette idée, l’épaissir. Ecrire l’idée en 1 phrase, que l’on transforme en 2 phrases. Alors les personnages apparaissent, lentement. Quels seront-ils ? Hommes, femmes ? Quel est le rôle, quelles sont leurs motivations ? Ces personnages doivent être intéressants, avoir des faiblesses, des caractéristiques qui font qu’ils ne sont pas banals, même s’ils sont comme toi et moi. L’idée s’épaissit. 3 lignes, 1 paragraphe, 1 page, puis plusieurs. De cette idée doivent jaillir des drames, des retournements, qui accrocheront le lecteur. Il faut déjà savoir, grossièrement, où ils seront glissés. Ces drames vont enrichir les personnages, etc, etc... L’idée va prendre matière...
Si tu sais, par exemple, que ton personnage aura à affronter les araignées, tu peux mettre, plus tôt dans le roman, qu’il déteste les araignées. Ce n’est qu’un bête exemple, mais ça intensifie le drame et les personnages. Pas con, non ?
Le travail de recherche.
Pas mal d’idées naissent avec les recherches qu’on fait. Dans notre cas, il faut se renseigner sur les tueurs en série, les modes opératoires, les scènes de crime, les techniques de la police, ... Lire des livres sur le sujet stimule les idées et te propulse dans l’ambiance. Nous, petits écrivains, n’avons pas la chance de faire faire les recherches par d’autres ou d’avoir le chef de la police de Scotland Yard qui prend sa journée pour nous accueillir. Alors il faut faire avec les moyens du bord. Recherches bien sûr, mais imagination surtout. Pour ma part, je suis très pointilleux sur les détails techniques, mais je n’hésite pas à embarquer le lecteur dans des situations totalement folles et imaginaires. Autrement, ce ne serait plus un roman, mais un reportage...
Le plan
Le processus "amont" se termine avec le plan détaillé del’histoire. Entre 25 et 40 pages qui reprennent, chapitre par chapitre, les faits principaux et le descriptif des personnages. Ce plan permettra aux amis, proches, voire l’éditeur... de se faire une idée plus précise de ce que sera le livre, et de faire des retours constructifs.
Exemple de descriptif de chapitre.
Nous sommes dans un abattoir. Le commissaire entre seul, à la recherche d’une victime. Il fait nuit, l’abattoir est abandonné.
Le commissaire est dans un état de stress intense...
Sur le plan tu peux encore faire de nombreux allers et retours. C’est justement à ce moment qu’il faut les faire. Modifier les comportements de tes personnages, les affiner, cerner un peu mieux les scènes et les reactions de chacun. Une fois ce plan détaillé effectué, tes personnages n’ont plus de secrets pour toi.
Ce travail peut s’étendre sur 1 à plusieurs mois, selon le nombre de pages et la complexité de ton histoire.
Le premier jet.
Quand tu écris le plan, tu peux encore grandement changer l’histoire, les personnages, ... C’est plus délicat une fois que tu as commencé à écrire le premier jet, car il faut revenir en arrière et la suite de ton récit risque d’être impactée.
C’est dans le premier jet que s’exprime ton imagination, qui consistera à transformer une ligne du plan en plusieurs pages. Tu devras décrire une pièce, faire évoluer les personnages dans cette pièce, décrire les habits qu’ils portent, l’expression de leur visage, ... Tu devras aussi faire partager leur anxiété au lecteur. Chose pas évidente... Bref, mettre de la chair sur les os.
Ce travail peut s’étendre jusqu’à 6 mois...
Point important, pour les romans à suspense, thrillers, polars, ... : une règle dit qu’il doit se passer un "retournement" toutes les 6 à 10 pages.
Un "retournement" est quelque chose qui change la situation dramatique de base. Il peut le changer d’une petite manière ou le changer de façon considérable.
Un petit retournement pourrait être : des évadés qui s’échappent pensaient que le neige aurait fondu de ce côté de montagne, mais ce n’est pas le cas. Pas grave, ils vont se construire des raquettes, ça prendra du temps mais ça ne les empêchera pas de fuir.
Un gros retournement serait que l’un des 3 meure, et qu’il était le seul à connaître le chemin.
Un petit retournement a accru un peu la tension, cette tension continue que tu essaies de maintenir. Un gros retournement doit "ébranler" le lecteur, et le forcer à continuer à lire.
Il faut donc un retournement toutes les 6 à 10 pages, sinon le lecteur va s’ennuyer.
Attention cependant à ne pas tomber dans l’excès inverse (2 retournements en moins de 6 pages), sinon le lecteur va peiner à suivre.
La règle la plus importante est que l’action se déroule sans impression de ruptures ou de saccades.
Phase de relecture
Fais relire, comme toujours, et demande de prendre des notes. Explique bien à tes amis que tu veux de la critique, pas des flicitations ! D’ailleurs, si tu peux le faire lire par quelqu’un que tu ne connais pas, c’est encore mieux ;
A ce niveau, ils ne remettront plus en cause l’histoire gnérale, puisqu’ils ont lu et validé le plan il y a quelques mois. Ils vont plutôt insister sur des détails, ou sortir des choses comme "Ce personnage ne m’a pas accroché comme escompté. Rend le plus humain".
Alors Ken Follett, lui, une fois qu’il a eu en retour ses manuscrits anotés, ne corrige pas le fichier du premier jet. Il retape toutes les phrases depuis son manuscrit, repartant d’un fichier vide. ça lui permet encore d’améliorer son histoire et style, et d’intégrer plus facilement les corrections. ça prend du temps, mais c’est efficace.
Ceci fait, le livre est presque prêt. encore quelques scènes à changer à la demande de l’éditeur, surement, mais ce sont des modifications mineures.
Si tu n’as pas encore d’éditeur, tu devras ensuite tout corriger toi-même (au mieux). Orthographe, grammaire, contradictions cachées que tu n’avais pas vu avant.
Ken Follett, lui, n’a pas ce pb. Il balance son manuscrit à un correcteur, qui fera le boulot. Que veux-tu ? C’est ça la classe !
Trouver un éditeur.
Oh là là. Le pire, peut-être, car tu as peut-être écrit tout ça pour rien !
Mais Ken Follett dit que ce n’est pas difficile : "si tu es bon, tu trouveras !" Tout est dit quoi !
Bon pour ça je te redirige ici : http://www.calcre.com/ ils t’expliqueront comment faire...
Voilà, y’a plus qu’à... A dans un an, dans les rayons de la FNAC...
FT